Les rhinites allergiques
représentent une pathologie fréquente et invalidante par les perturbations
qu’elle entraine sur la ventilation, le sommeil, l’odorat, le goût... Le
syndrome clinique est caractérisé par des éternuements
en salve, un prurit nasal, une rhinorrhée et une obstruction nasale.
Elles sont déclenchées par l’exposition à des pollens
d’arbres ou de graminés (pneumoallergènes), des poils d’animaux,
d’acariens, de blattes...
La rhinite allergique est fréquente
15% des français sont atteints. Plus la pollution et l’urbanisation sont importantes plus le taux
augmente. Dans un peu plus d’un tiers des cas, cette rhinite s’accompagne
d’asthme, d’urticaire ou d’eczéma.
Tous les symptomes évoqués plus haut peuvent apparaitre en dehors
de la présence de l’allergène. En effet, l’allergie - en particulier
celle aux acariens - entraine un hypersensibilité des muqueuses ou hyperréactivité
nasale. Les odeurs fortes, le tabac, les changements de température ( le
matin au lever), etc... déclanchent l’apparition des symptômes. L’allergie
rend la muqueuse nasale fragile et donc plus sensible aux infections. Dans
sa forme atypique, la rhinite allergique (surtout perannuelle) doit être
évoquée sur des infections ORL à répétition, des troubles de la ventilation
nasale, des troubles du l’odorat, des ronflements nocturnes, de l’asthme
voire une simple fatigue chronique.
Un bilan médical
par un généraliste expérimenté ou un ORL peut-être
réalisé. L’allergologue intervient généralement
après l’établissement du diagnostic pour déterminer
plus précisément l’origine de l’allergie. Après un
interrogatoire précis pour déterminer dans quelles circonstances
les rhinites se déclenchent, on procéde généralement
à un examen ORL permettant de vérifier l’absence de sinusite
ou de polypes nasaux. On peut éventuellement décider d’établir
une radiographie ou un scanner des sinus ainsi qu’un examen sanguin, mais
cela est rare. L’allergologue a également à disposition de
nombreux tests cutanés. La découverte des allergènes
responsables pourra éventuellement être à la base d’une
désensibilisation (si le patient consent à cette thérapeutique
nécessitant des injections sous-cutanées régulières
-on peut noter que des formes d’administrations moins contraignantes sont
à l’étude-).
Trois volets : symptomatique, désensibilisation et prévention.
Fait appel aux antihistaminiques per os, corticoïdes locaux , cromones voire sur des périodes courtes un décongestionnant. Une corticothérapie courte orale est parfois nécéssaire en début de traitement dans les formes sévères et/ou ne répondant pas suffisamment au traitement local. Dans la rhinite allergique saisonnière, l’utilisation d’un corticoïde retard injectable est encore parfois utilisée. Le rapport bénéfice/inconvenient doit être évalué avec attention et comparé aux autres possibilités actuelles de traitement.
C’est théoriquement la pratique logique. Sa mise en route nécessite plusieurs
conditions :
La voie injectable reste à ce jour le traitement de référence mais depuis quelques années on peut également proposer la voie sublinguale largement moins contraignante (Pas d’effet secondaire important et prise à domicile). Dans les années à venir, la voie locale par pulvérisation devrait être de plus en plus utilisée.
L’éviction d’un allergène est délicate,
elle concerne presque exclusivement les allergènes domestiques et professionnels
car 70 à 90% de notre vie se déroule à l’intérieur
de locaux où les facteurs déclenchants des rhinites sont nombreux.
L’allergie aux pollens est difficile à éviter.
On peut toutefois conseiller un début de traitement préventifs (par anti-histaminique
per os) dés le début de la période annuelle incriminée, éviter les zones
à risque, utiliser des filtres anti-pollens dans sa voiture.
L’allergie aux acariens peut et doit bénéficier
d’une prise en charge de l’environnement. ACAREXT-Test® permet d’évaluer la
concentration d’allergène. Un test positif doit faire prendre des mesures d’éviction
: éviter les moquettes dans les chambres (ou les traiter par un acaricide), les
tentures, les doubles rideaux. Utiliser housses anti-acariens, sommiers à lattes
ou à ressorts, oreiller en synthétique lavés tous les 3 mois à haute température.
Diminuer le nombre de peluches qui seront également lavées tous les 3 mois au
minimum.
L’allergie aux poils d’animaux (chat, chien, hamster,...) est plus facile à gérer par
séparation de l’animal si c’est possible... Cependant les allergènes peuvent persister
dans l’environnement deux ans ! Dans tous les cas l’animal ne doit pas entrer dans les chambres
L’allergie aux blattes nécessite une hygiène rigoureuse et à faire appel à des entreprises
spécialisées. Les cartons de supermarché sont souvent riches en oeufs de blattes (réinfestant le domicile).
Source : Cahier n° 2392. Le moniteur des pharmacies et des laboratoires.
Date : 31 mars 2001

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