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Obésité
L’obésité, un épidémie mondiale.
Le surpoids n’est pas un phénomène mineur. C’est un problème
de santé publique à l’échelle mondiale. Les complications
qui en découlent sont nombreuses : diabète, hypertension artérielle
(voir la liste des aliments riches potassium et pauvres en sodium), dyslipidémies,
insuffisance coronarienne, cancers, affections dues aux excès de cholestérol...
La génétique, l’environnement, la culture et les habitudes familiales
jouent un rôle déterminant dans la prise excessive de poids.
Lorsque la dépense énergétique est égale à
l’apport alors tout va bien, mais, dès que la prise d’aliments est
trop importante, l’organisme stocke l’energie suplémentaire. C’est
une protection naturelle contre les famines ou la raréfaction des aliments,
indispensable à la survie pendant les périodes de disette.
Mais quel est le seuil définissant le surpoids et l’obésité ?
Quels sont les facteurs qui entraine la prise de poids ? Comment la traite-t-on ?
Nous allons vous aider à répondre à ces questions.
Quelques chiffres sur l’obésité, son importance, son évolution.
Du Canada à l’Europe, en passant par la Chine, toutes les populations sont concernées par ce phénomène.
- 40 % des français souffre de surpoids et environ 1 personne sur 10 est
obèse (8,6 % en 2000), soit respectivement 13 et 4 millions de personnes.
Mais la France n’est pas la plus mal lotie. On peut à citer à
titre d’exemple les Etats-Unis où 55 % de la population souffre de
surchage pondérale soit 97 millions de personnes. Au Canada 34 % des
20-64 ans souffre de surcharge pondérale et 13 % d’obésité,
ce qui le place derrière les Etats-Unis (23 %) et la Grande-Bretagne
(16 %). Des disparités régionales sont notables : les Québécois
et les habitants de la Colombie-Britannique avec 28 % de la population souffrant
de surpoids sont loin derrière les Terre-Neuviens (40 %). Malgré
les messages de sensibilisation et les nombreuses études menées
sur le sujet, le nombre d’obèse a doublé depuis 1991 aux Etats-Unis.
Il serait bon de rappeler que ce phénomène est à l’origine
de plus de 350 000 décès chaque année dans ce pays où
seul le tabac fait plus de mort... Les pays émergents ne sont pas non
plus épargnés : 60 % de la population mexicaine serait trop
grosse, 35 % en Egypte.
- Pour la première fois de l’histoire, le nombre de personnes sur-alimentées
est équivalent à celui des sous-alimentés.
- L’obésité touche plus particulièrement dans les pays développés
les couches sociales les plus défavorisées alors que dans les
pays émergents, les couches les plus aisées sont concernés.
- On a plus de chance de devenir obèse à l’âge adulte avec
des parents corpulents :
| Ascendance |
Risque de devenir obèse |
| 2 parents maigres ou normaux |
10 % |
| 1 des 2 parents est gros |
40 % |
| les 2 sont gros |
80 % |
- Certaines catégories socio-professionnelle sont plus touchées que d’autres
: artisans, commerçants, retraités...
- Il existe une corrélation entre le niveau d’étude et l’obésité.
En effet, les dernières études en France montrent que les personnes
ayant atteint le 3è cycle ont 3 fois moins de risque d’être obèse
par rapport à celle qui n’ont pas le BEPC.
- Autre disparité : les habitants des villes de moins de 2000 habitants sont
plus touchés que ceux qui habitent une plus grande ville. Paradoxalement,
si Paris en compte une plus faible proportion, c’est en région parisienne
que l’augmentation est la plus forte : une hausse de 28,8 % en 3 ans (de 1997
à 2000).
A quel moment peut-on parler de surpoids ou d’obésité ?
Les méthodes fiables pour mesurer la masse de graisse ne peuvent être
mis en oeuvre dans la pratique (un examen au scanner est cher mais il est
très précis). Cependant, le médécin peut l’évaluer
facilement grâce à la mesure du pli cutané au niveau du
ventre ou du biceps. Il pourra également recourir à l’impédancemétrie,
qui révèle l’épaisseur de la couche de graisse en mesurant
la réponse électrique de la partie du corps concernée.
Pour définir les catégories de surpoids chez l’adulte, on a recours
à l’indice de masse corporelle (IMC) ou indice de Quetelet. Il se calcule
en divisant son poids (en kg) par sa taille (en mètre) au carré.
L’OMS a établi les catégories suivantes :
| |
IMC |
Classification |
Risque |
| |
18,5< <24,9 |
poids normal |
- |
| |
25< < 29,9 |
surpoids |
augmentation |
| Obésité=Seuil de dangerosité |
30< <34,5 |
obésité modérée |
augmentation nette |
| |
35< <39,9 |
obésité sévère |
important |
| |
>40 |
obésité morbide |
très élevé |
Faites le calcul de votre IMC :
Il ne faut cependant pas oublier que d’autres éléments rentre en
compte dans la dangerosité de l’obésité comme l’hérédité,
le mode de vie (stress, tabac) ou une prise de poids de plus de cinq kilos
les 2 dernières années. En effet, cette dernière indique
très probablement un trouble métabolique qui peut encore s’accentuer.
Une situation d’équilibre même dans le cas d’un surpoids est
moins préoccupante.
Les facteurs responsables de la prise de poids.
L’obésité n’est pas lié à un fait unique mais a de multiples causes. Plusieurs
facteurs prédominent :
- La sédentarité.
Si les apports énergétiques augmentent, l’exercice physique, lui, diminue.
Cette tendance générale au déséquilibre entre
apport et utilisation d’énergie est présente aussi bien chez
les adultes que chez les enfants. Des liens ont été établi
entre l’abus de télévision et de jeux video dans la prévalence
de l’obésité, qui a doublé en 10 ans chez les enfants.
- L’alimentation hyperlipidique.
Notre nourriture
est de plus en plus grasse. Contrairement aux idées recues, le sucre
ne fait pas grossir : plus la consommation de glucides est élevée,
moins il y a d’obésité.
- Un comportement alimentaire qui favorise la prise de poids.
Les restrictions ne font pas maigrir si elles sont à l’origine de la dérégulation
des habitudes alimentaires. L’apport énergétique doit être
répartie au cours de la journée et être complet. On parle
dans le cas d’obésité liée au temps de chrono-obésité.
En effet, les études du comportements alimentaires des obèses
montrent qu’ils ont tendance à manger davantage le soir qu’en fin de
journée. L’insuline est l’hormone qui permet de stocker dans les tissus
adipeux l’excédent énergétique en fonction de l’état
physiologique et l’activité physique. Or, le soir, notre activité
étant moins importante ce qui favorise le stockage des graisses. Les
études cliniques du professeur Jaber Danguir, spécialiste de
l’obésité (centre de nutrition de Tunis), qu’il a mené
sur 160 femmes obèses ont montré que le simple fait de décaler
l’apport énergétique en début de journée (30 %
au petit déjeuner, 50 % au déjeuner et 20 % au cours du goûter)
permettait une perte de poids de 15 % ! Des travaux ont également
montré qu’un repas unique de 2000 calories le matin fait perdre du
poids, alors que, pris le soir, il fait grossir !
A calories égales, il faut fractionner les repas. En effet, la thermogénèse
(la dépense d’énergie nécessaire à la digestion)
augmente avec le nombre de repas. De plus, la quantité d’insuline secrétée
est fonction de la quantité de glucides absorbée pendant le
repas : si on mange beaucoup en une seule fois, la sécretion d’insuline
est importante donc on stocke beaucoup de graisse !
- Le poids de l’hérédité.
Comme nous l’avons vu dans les chiffres, les risques augmentent avec la corpulence
des parents. Mais il faut se garder de ne raisonner que par le gène.
Les spécialistes de la génétique pensent que plusieurs
gènes sont impliqués dans l’obésité mais que les
facteurs environnementaux, sociaux, psychologiques ou culturels peuvent renforcer,
atténuer ou éliminer l’influence génétique. La
recherche n’en est qu’a ses balbutiements et nul doute que les rapides progrès
de ces dernières années nous permettent de mieux comprendre
ce phénomène.
Comment peut-on traiter l’obésité ?
En premier lieu, il faut définir un objectif de poids à atteindre
qui soit raisonnable : on considère que 10 à 15 % du poids initial
(ou du poids maximale atteint) repésente un seuil que les personnes
peuvent maintenir. Au delà, Une perte plus importante est difficile
a stabilisé et demande beaucoup d’efforts au patient, soumis à
une thérapie lourde.
- On peut contrôler son comportement alimentaire : fractionner les repas,
privilégier le petit déjeuner et manger léger le soir...
- Il faut réduire la part de graisse dans l’apport énergétique
: l’idéal est de réduire sa proportion à moins de 30
% des apports totaux.
- Les régimes sévères, à très basse valeur calorique,
ne sont utiles que dans des cas d’obésité sévère
et ne doivent pas dépasser une période courte. Il faut donc
adopter un comportement alimentaire sain car sans cela, on ne perd que de
la masse maigre ce qui conduit à l’échec du traitement et/ou
au découragement.
- Combattez la sédentarité ! On préconise au moins 20 minutes d’exercices
d’endurance 3 fois par semaines. Comme cela s’avère difficile et très
contraignant (surtout sur la durée), essayer de développer l’activité
physique au quotidien : 30 minutes de marche à pied par jour, utilisation
des escaliers au lieu de l’ascenseur...
- Les traitements médicamenteux ne sont jamais utilisé seuls, ils
agissent en complément de la modification du comportement alimentaire,
de l’activité physique et de la diététique. Ils ne sont
préconisés que dans des cas sévères et ne constituent
de toute façon qu’un moyen thérapeutique parmis d’autres. Plusieurs
classes de médicaments ont été utilisé de façon
aberrante. Parmis celles-ci : les diurétiques, les hormones thyroïdiennes,
les amphétamines. Un des voies pour traiter l’obésité
est l’utilisation des inhibiteurs des lipases digestives qui diminue l’absorption
des graisses en les empéchant d’être transformer en composés
assimilables par l’organisme. Le traitement ne doit se poursuivre que si la
personne traitée continue de perdre du poids, de plus, le traitement
ne peut dépasser 2 ans en continu. Cependant, pendant la durée
du traitement, il faut privilégier les fruits et légumes tout
en évitant les graisses sous peine de subir des effets secondaires
génants (diarrhées...).
Source : Impact pharmacien, n° 63 mai 2001, Dossier médical
Fondation pour la Recherche Médicale, Henri Saltiel (président du ROMA)
et Phillipe Froguel (institut Pasteur de Lille).

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